
Il n'a toujours pas digéré le fait d'avoir été évincé de la course aux régionales 2004 en région Paca, pour une question de domiciliation.
Au moment d'entamer hier, dans une propriété viticole de Cuers (Var), la campagne des régionales 2010, Jean-Marie Le Pen n'a pu s'empêcher d'évoquer l'épisode en petit comité. "C'est une candidature de revanche de la démocratie sur la clique politique de "l'UMPS" qui nous dirige", a attaqué celui qui, à 81 ans, s'offre en ultime combat politique la liste Front national dans la région. Puis de se lancer dans une longue diatribe contre "la supercherie Sarkozy".
Fustigeant ici "l'introduction permanente de nouvelles taxes", là "le frippon Mitterrand", ou "la république bananière" à propos de l'Epad, établissement que "le jeune Sarkozy" pourrait bientôt diriger, le leader du Front national est toutefois resté poli. Une ultime saillie sur "une droite aveugle et une gauche paraplégique qui devraient nous permettre d'obtenir des scores au-delà de nos espérances" et Jean-Marie Le Pen a quitté sa cravate orange, pochette assortie.
Un peu plus de 300 militants, chevelures à dominante grise, l'attendaient dans le jardin pour un "déjeuner patriotique". Entre terrine et civet de porc, Le Pen s'est fait plus radical. Fortement endetté depuis l'échec des législatives 2007 (4,6%) qui ont coûté la bagatelle de 10 millions d'euros, le Front national est décidé à remobiliser.
"Les élections européennes de juin ont amorcé le redressement", note le chef frontiste qui s'appuie notamment en Paca sur un score de 10,73% et a depuis vu un sondage lui attribuer ici 14% des intentions de vote pour mars 2010.
Surfant, dans son discours cette fois, sur les thèmes récurrents de l'immigration et de l'insécurité, mais n'apportant aucun élément de programme régional, Jean-Marie Le Pen n'a pas hésité à faire frémir son assistance sur "ce pays qui est en train de glisser dans la peur" ou à pointer "l'islam qu'on respecte mais qui ne doit pas nous imposer ses visions".
Plus grave, une nouvelle offensive contre Jean-Claude Gaudin, maire UMP de Marseille qu'il avait déjà visé pendant les européennes, lui infligeant du "Ben Gaudin" à l'occasion. "Il serait capable de devenir musulman pour rester maire", a-t-il cette fois osé.